Dans ce mois de l’amour, je voulais aussi vous parler de ce que nous pouvons faire pour favoriser l’harmonie et la sérénité au sein du couple.

– Se défaire de la fausse croyance que c’est l’autre qui doit nous rendre heureux :

Je vous parlais de l’amour de soi dans mon dernier article, et du fait qu’on ne peut pas attendre d’une autre personne qu’elle nous rende heureuse (cf. « Célibataire : comment mieux vivre la Saint Valentin »).

Très souvent, nous attendons de rencontrer l’homme ou la femme « idéal(e) », le partenaire qui va nous rendre heureux en comblant tous nos besoins. Et malheureusement, c’est un mythe. Personne d’autre que vous-même ne peut combler vos besoins, savoir ce que vous voulez et vous rendre heureux. C’est à chacun et chacune de connaître ses propres besoins dans le couple, et de savoir les exprimer afin que les deux partenaires puissent vivre heureux ensemble.

Il me semble important de se séparer de cette croyance que le bonheur va nous être apporté par une autre personne. Elle va y contribuer, bien sûr, mais tant que vous n’êtes pas bien avec vous-même, vous ne pourrez pas être bien en relation avec l’autre.

– Clarifier nos attentes :

Nous avons souvent au sein du couple que j’appelle « des attentes sans entente ». Un exemple serait celui d’une femme qui veut des enfants et son compagnon qui n’en veut pas. Il est clair qu’ils n’ont pas les mêmes attentes dans le couple. Et de nombreux conflits viennent de là, nous pensons que l’autre veut les mêmes choses que nous, qu’il aura les mêmes envies, mais nous n’en parlons pas clairement et nous sommes déçus.

Il est nécessaire de bien clarifier les choses quand la relation s’installe. Si on se rend compte que l’autre n’a pas du tout les mêmes attentes, notre amour de soi nous permettra de ne pas nous oublier dans une relation qui ne nous apporte pas ce que nous souhaitons.

Cultiver la bienveillance et l’empathie (pour l’autre, et pour soi !) :

L’empathie nous permet de comprendre les besoins de l’autre, c’est la capacité à se mettre à la place de l’autre pour mieux appréhender ses ressentis.

Là encore, si nous sommes capables d’empathie et d’amour pour soi, il nous sera plus facile d’en donner à notre partenaire. De même que si nous sommes capables de comprendre nos propres besoins, nous pourrons les exprimer clairement ainsi que comprendre ceux de l’autre.

Dans le couple, les conflits viennent souvent du fait que nous ne savons pas exprimer clairement nos besoins. Nous nous mettons en colère sans vraiment comprendre pourquoi, et nous disons des choses que nous pouvons ensuite regretter.

Quand vous sentez que quelque chose ne va pas, que la colère monte en vous, que la situation ne vous convient pas et que vous allez exploser en reproches avec votre conjoint, il s’agit le plus souvent d’un de vos besoins qui n’est pas pris en compte.

Mais sur le moment nous ne savons pas vraiment ce qu’il se passe, bien souvent nous perdons le contrôle et c’est la crise.

Par exemple, votre conjoint vous annonce que ce week-end il a prévu d’aller aider un ami à déménager et qu’il part tout le week-end. Vous êtes en train de suivre une formation et vous aviez prévu dans votre tête qu’il s’occupe des enfants pendant que vous travaillez. Vous sentez alors votre gorge qui se noue, votre cœur qui bat plus vite… Et vous pourriez dire « C’est toujours pareil avec toi, tu ne penses qu’à toi, je vais encore devoir tout gérer, je suis fatiguée et toi tu es présent pour les autres mais jamais pour ta femme, etc… ». Votre mari lui ne va pas comprendre ce qu’il se passe réellement, il n’entendra que des reproches et pas du tout votre besoin d’aide pour faire votre formation.

Je travaille beaucoup en Communication Non Violente, avec la technique OSBD (Observation, Sentiment, Besoin, Demande) qui permet de communiquer une demande claire avec bienveillance.

Exprimer ses demandes de façon à être entendu :

En Communication Non Violente, nous apprenons à communiquer autrement, c’est-à-dire à exprimer une demande claire qui pourra être entendue par l’autre sans qu’il se sente agressé ou mis en cause.

Reprenons notre exemple avec la technique OSBD :

Le mieux est d’abord de s’isoler quelques minutes pour réfléchir à ce qui ne va pas, ce qui nous énerve ou nous rend triste. C’est la partie la plus difficile, de s’empêcher d’exploser sur l’instant et de réussir à sortir de la discussion, voire de la pièce.

Ensuite, prendre le temps d’analyser la situation avec :

OBSERVATION : faire une observation claire et objective de ce qui se produit (c’est-à-dire sans jugement sur l’autre). Ici cela pourrait être : « tu vas partir ce week-end pour aider ton ami ».

Puis votre SENTIMENT : je me sens en colère (toujours parler à la première personne, et non avec le « tu » me mets en colère)

BESOIN : car j’ai besoin de temps sans les enfants pour me concentrer et travailler sur ma formation, et j’ai besoin de me sentir soutenue sur ce nouveau projet

DEMANDE : formulée en disant ce que vous voulez et non ce que vous ne voulez pas. Ici : “Pourrais-tu t’occuper des enfants le week-end prochain ?” (Dans le cas où vous n’avez pas un examen le lundi suivant !! mais on peut s’imaginer que votre conjoint serait au courant).

Ainsi, la demande est bien claire, n’implique pas de jugement sur l’autre et nous permet d’être entendue. Clarifier ses besoins et les exprimer sur un mode non violent améliore vraiment la qualité de nos relations, et pas seulement dans le couple.

– Savoir lâcher prise sur ce qui n’est pas vraiment important :

Bien souvent, les conflits conjugaux viennent aussi de problèmes du quotidien : nous n’avons pas tous les mêmes importances ou les mêmes façons de fonctionner.

Par exemple, l’un est ordonné, et l’autre non. Le premier a alors l’impression de ranger tout le temps, alors que son conjoint ne voit pas les choses qui traînent.

Ou encore l’un des partenaires est presque toujours en retard, alors que pour l’autre être ponctuel est une chose importante et une forme de respect.

Nous voyons que si on arrive à se mettre en empathie avec l’autre, à comprendre sa différence, nous serons alors moins touchés et pourrons prendre du recul face à la problématique.

Peut-être que celui qui aime l’ordre peut s’occuper du rangement, alors que l’autre sait faire la cuisine et peut gérer les repas ?

Peut-être que celui qui aime être ponctuel peut partir avant l’autre qui le rejoindra plus tard, sans qu’un conflit se surajoute ?

Pouvoir lâcher prise et même savoir rire de nos différences, va permettre de désamorcer les tensions, d’éviter les jugements et les reproches qui sont un poison pour la relation.

Plutôt que d’essayer de changer l’autre, nous pourrons alors trouver des solutions pour que chacun puisse combler ses besoins, et ainsi favoriser l’harmonie dans la relation notre couple.

Je vous souhaite à toutes et tous beaucoup d’harmonie et de sérénité dans votre couple !